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Les cycles féminins : l’avis du psychiatre

LES CYCLES FEMININS : l’avis du psychiatre

Y a-t-il un lien entre déséquilibres hormonaux et troubles de l’humeur ?

Oui, il s’agit de systèmes complexes en interaction dynamique constante régulés par l’axe hypothalamo- hypophysaire qui gère une grande partie des hormones.

Sans parler des problématiques pathologiques de type thyroïdienne, la ménopause précoce ou le syndrome dépressif, on ne peut que constater les variations d’humeur de la femme en âge de procréer. La femme change d’humeur et de sensibilité émotionnelle 3 ou 4 fois par mois.

Souvent les femmes ne font spontanément pas le lien entre leurs variations émotionnelles et le cycle menstruel. J’ai toujours été étonné par l’absence de corrélation spontanée entre la fragilité émotionnelle de mes patientes et la période de leur cycle.

Donc, tout ce qui peut aider la femme à prendre conscience de ses variations cycliques spontanées et normales peut l’aider à gérer son quotidien et celui de leur entourage.

Doit-on subir ces variations émotionnelles ?

Dans la mesure où les femmes changent d’humeurs, on pourrait noter le fait qu’elles sont plus sensibles, plus émotives, plus nerveuses… surtout à la 4ème semaine du cycle.

Avoir en conscience cette période de sensibilité leur permet de ne pas subir leurs propres fragilités. De plus, certaines femmes pourront utiliser cette période pour mentaliser voire verbaliser autrement les éléments les plus saillants.

Indépendamment des cycles, y a-t-il des moments dans la vie des femmes où elles peuvent être plus fragiles ?

Un autre phénomène est plus spécifique à la femme entre 40 et 50 ans.

L’observation montre que nombre de femmes passent un cap dans ces années-là en constatant notamment l’évolution naturelle de leur corps. Dès lors, ce phénomène entraîne une espèce de sursaut émotionnel, accompagné de doutes quant à leur devenir féminin. Ce doute engendre des fragilités susceptibles de leur faire adopter des attitudes nouvelles au niveau sportif, vestimentaire, et esthétique. Elles commencent aussi à se recentrer plus sur l’évolution de leur silhouette, de leur visage et de leur féminité en général.

D’autres moments particuliers ?

Il existe des moments particuliers qui sont souvent négligés et qui ont plus de conséquences non dites que l’on retrouve lors des thérapies.
Ainsi, les IVG pratiquées surtout après 25 ans peuvent laisser une cicatrice qui est souvent négligée, il y a aussi des syndromes psychiatriques du post partum qui justifient des traitement médicaux adaptés et poursuivis. J’évoquerais cependant des passages qui ne relèvent pas de la pathologie comme par exemple, les éventuelles baisses de libido suite à un troisième accouchement, notamment lorsque cette dernière grossesse n’a pas été autant souhaitée par les 2 partenaires. Ce sont des problématiques que j’ai souvent rencontrées dans ma pratique professionnelle.

Plus généralement, le passage de la quarantaine et a fortiori de la ménopause peuvent entrer en résonance, bien souvent inconsciente avec les événements non verbalisés, peu mentalisés de la vie sexuelle antérieure voire des références maternelles.

Ces périodes peuvent parfois constituer des moments d’achoppement où s’expriment de façon consciente ou inconsciente toutes les traces des cicatrices antérieures liées à l’IVG, les syndromes post partum…

Et la ménopause ?

La fin de la fertilité est le plus souvent vécue de façon solitaire, discrète et comme une perte au sens analytique du terme.

Dans la vie d’une famille, la ménopause maternelle coïncide souvent avec l’autonomisation des enfants. Le départ des enfants vient occuper l’espace problématique familial et permet à la femme de passer sous silence son mal-être intérieur.

Or, il est important de verbaliser le mal-être pour bien vivre et accepter sa ménopause et profiter de ce moment de vie comme d’une nouvelle opportunité de rebond et de créativité, car c’est aussi un moment qui coïncide avec plus de liberté de parole et d’action pour la femme !

 

 

Merci au docteur JC. O, psychiatre, thérapeute de couple et familial, qui exerce à Paris.

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