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Quel est le lien entre l’alimentation et l’endométriose ?

Écrit par Caroline Lanson

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Quel est le lien entre l’alimentation et l’endométriose ?
Quel est le lien entre l’alimentation et l’endométriose ?

Le lien entre l'alimentation et l'endométriose est un sujet de plus en plus étudié, offrant des pistes prometteuses pour la gestion des symptômes. Nous explorerons comment certains aliments peuvent influencer l'inflammation et la douleur associées à cette condition. Découvrez des conseils nutritionnels et des régimes spécifiques qui peuvent aider à améliorer la qualité de vie des femmes atteintes d'endométriose, tout en soutenant leur santé globale.

SOMMAIRE
  1. Qu’est-ce que l’endométriose ?
  2. Le lien entre alimentation et symptômes de l’endométriose
  3. Les aliments à privilégier
  4. Les aliments à éviter
  5. Les compléments alimentaires
  6. Sources

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L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique hormonodépendante touchant environ 10 % des femmes, caractérisée par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus, provoquant douleurs pelviennes, fatigue et parfois infertilité.

L’ alimentation ne guérit pas l’endométriose, mais elle peut influencer l’inflammation, les hormones et les symptômes, notamment via un régime anti-inflammatoire proche du régime méditerranéen.

Les aliments à privilégier sont : fruits et légumes riches en antioxydants, oméga-3 (poissons gras, graines, noix), fibres (légumineuses, céréales complètes) et épices anti-inflammatoires comme le curcuma.

L’endométriose affecte près de 190 millions de femmes à travers le monde. Caractérisée par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, cette maladie peut entraîner une variété de symptômes, notamment des douleurs pelviennes, des menstruations abondantes et des difficultés de fertilité. Alors que les traitements médicaux et chirurgicaux peuvent aider à gérer les symptômes, des recherches mettent en évidence le rôle de l’alimentation dans la gestion de l’endométriose. En effet, certains aliments peuvent influencer l’inflammation, les hormones et le système immunitaire. Dans cet article, nous explorerons le lien entre l’alimentation et l’endométriose, en présentant les nutriments à favoriser ainsi que ceux à éviter pour aider à soulager les symptômes liés à l’endométriose.



Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique touchant près de 10% des femmes en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence d’endomètre (un tissu semblable à la muqueuse utérine) en dehors de l’utérus ce qui peut entraîner des douleurs pelviennes chroniques ou aiguës, des ballonnements, des nausées et de la fatigue, et parfois une dépression, de l’angoisse et une infertilité. Le diagnostic tardif et la prise en charge restreinte au niveau des traitements impactent la qualité de vie et le bien-être psychique des femmes. Il n’existe actuellement pas de remède contre l’endométriose, tout traitement vise généralement à en soulager les symptômes. L’hygiène de vie est à prendre en compte pour apaiser les symptômes et améliorer le bien-être au quotidien. Plusieurs études ont démontré un lien entre l’endométriose et l’alimentation. Le mode d’alimentation peut jouer un rôle sur les symptômes de l’endométriose, mais ne peut pas la guérir.

L’endométriose est une maladie dite hormonodépendante, elle réagit aux hormones sécrétées par le corps dont l’oestrogène. La sécrétion de l’oestrogène déclenche les modifications périodiques de l’utérus et du vagin dans le but de préparer le corps à une fécondation et une grossesse. Sous son influence, la paroi interne de l’utérus (appelée endomètre) s’épaissit pendant la première partie du cycle hormonal de la femme jusqu’au moment de l’ovulation. Si aucune fécondation n’a lieu, alors le taux d’oestrogène chute ce qui entraîne la désagrégation de la paroi utérine et l’apparition des règles. Cependant, dans le cas de l’endométriose, les cellules qui agissent comme des cellules de l’endomètre se trouvent ailleurs dans le corps se comportent exactement de la même manière que si elles y étaient. Elles vont donc agir de la même façon alors que rien n’est prévu ni pour leur laisser la place de s’épaissir ni pour évacuer les matières après leur désagrégation. Ce qui entraînera lésions, kystes, adhérences et donc des douleurs. Les œstrogènes, hormones stimulantes, augmentent ainsi les inflammations, le développement de l’endométriose et les douleurs qui y sont associées. Adopter un régime alimentaire spécifique contre l’endométriose est indispensable pour réduire le niveau d’œstrogène en excès (70% des femmes souffriraient déjà de dominance oestrogénique), et diminuer l’inflammation.

Parmi ces actifs, les bioactifs détoxifiants, le DIM de brocoli et le sulphoraphane ont montré des résultats très intéressants pour favoriser la bonne métabolisation des oestrogènes. Ces actifs sont présents dans

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pour stimuler efficacement la détoxification et le drainage de l’organisme.

Le lien entre alimentation et symptômes de l’endométriose

La corrélation entre l’alimentation et l’endométriose a été étudiée dans plusieurs articles. Des études ont tenté d’observer si la consommation de certains aliments était un facteur de risque de l’endométriose, ou au contraire avait un effet protecteur. Il a été montré que la consommation d’alcool et une alimentation riche en acides gras trans ont un effet négatif dans la survenue de l’endométriose. Une revue systématique de 2021 a évalué l’impact de certains nutriments sur les symptômes de l’endométriose, les nutriments anti-inflammatoires pourraient être efficaces afin de supprimer les douleurs liées à l’endométriose, davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer un lien (1).

Il n’existe pas encore de régime ou de nutrition type pour contrôler l’endométriose mais des résultats préliminaires suggèrent qu’un régime anti-inflammatoire, comme le régime méditerranéen (beaucoup de légumes et légumineuses, huile d’olive, peu de viande) permettrait d’obtenir une grande réduction des symptômes. Le régime anti-inflammatoire a pour objectif de réduire l’inflammation dans le corps, il est particulièrement recommandé en cas d’endométriose. Une alimentation anti-inflammatoire incorpore des aliments riches en nutriments et en antioxydants, en oméga 3, et en fibres alimentaires, tout en évitant les aliments qui peuvent exacerber l’inflammation (produits transformés, graisses saturées, sucres..)

Les bienfaits de l’alimentation anti-inflammatoire pour les personnes atteintes d’endométriose sont multiples :

  • Réduction de la douleur : Atténuer l’inflammation peut soulager les douleurs pelviennes et les crampes menstruelles souvent associées à l’endométriose.
  • Amélioration de la fertilité : Suivre un régime anti-inflammatoire peut contribuer à réduire la formation d’adhérences et de kystes liés à l’endométriose, ce qui favorise les chances de fertilité.
  • Renforcement immunitaire : Les aliments riches en nutriments et en antioxydants renforcent les défenses immunitaires.
  • Amélioration du bien-être physique et mental : Une alimentation équilibrée peut aider à réduire la fatigue et à améliorer l’humeur, ce qui peut être important pour les personnes souffrant d’endométriose, souvent confrontées à une fatigue persistante et à des troubles de l’humeur.

Les aliments à privilégier

Afin d’apaiser les symptômes et améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d’endométriose, une adaptation alimentaire est essentielle. Les aliments recommandés comprennent les fruits et légumes, les sources d’acides gras oméga 3 comme les poissons gras, les graines de lin et les noix, ainsi que les aliments riches en fibres, les grains entiers et certaines épices.

  • Les fruits et légumes

Des chercheurs ont découvert une relation inverse entre la consommation de fruits et légumes et le risque d’endométriose. Le risque de développer les symptômes de l’endométriose semble diminuer de manière significative chez les femmes qui consomment une quantité élevée de fruits et légumes par rapport à celles en consommant peu. Une étude a notamment révélé qu’une consommation quotidienne d’agrumes était associée à un risque d’endométriose inférieur de 22 % par rapport à celles qui en consommaient seulement une fois par semaine (2). Une réduction de 13 % du risque d’endométriose a été observée chez les femmes consommant quotidiennement une portion de crucifères, par rapport à celles qui en consommaient moins d’une fois par semaine. Les crucifères, qui englobent des plantes telles que le navet, le colza, le raifort et le cresson, sont surtout connus pour leur appartenance à la famille des choux, tels que le chou-fleur ou les brocolis.

Les fruits et légumes, notamment les fruits rouges dont les myrtilles et les agrumes, riches en caroténoïdes, en vitamine C et E, en polyphénols anti-inflammatoires, contiennent des fibres qui contribuent à réduire le taux sanguin d’œstrogènes. Cette hormone est impliquée dans l’endométriose, sa réduction permet d’améliorer l’équilibre du microbiote intestinal. Les fruits et légumes colorés sont également riches en antioxydants, des molécules qui neutralisent les radicaux libres pouvant contribuer à l’inflammation. En incorporant ces aliments à son alimentation, il est possible de réduire l’inflammation et les douleurs associées à l’endométriose. Il est conseillé de les choisir bio et de saison ou local pour éviter les pesticides qui sont des perturbateurs endocriniens potentiellement impliqués dans l’endométriose.

  • Les oméga 3 (poissons gras, noix et graines, fruits à coques)

Les aliments riches en oméga 3 sont connus pour leurs capacités à moduler la réaction inflammatoire qui est une des composantes majeures de l’endométriose. Les oméga 3, en particulier, l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA), présents dans les fruits de mer et les poissons gras exercent un effet anti-inflammatoire démontré. Les oméga 3 aident à réduire la production de substances inflammatoires dans le corps et peuvent donc contribuer à soulager les symptômes de l’endométriose.

Ils peuvent être trouvés principalement dans les poissons gras comme le saumon, le maquereau, les sardines et les anchois, ainsi que dans les noix et les graines telles que les graines de lin et de chia. Parce qu’ils sont riches en nutriments essentiels, en oméga 3 et en oméga 9, les fruits à coque comme les noix, les noisettes ou les amandes sont aussi des aliments à privilégier. Cependant, ces aliments sont souvent très caloriques et leur consommation doit rester modérée. Pour les vegan, une cuillère à soupe d’huile de colza par jour ou encore mieux, d’huile d’algues titrée en EPA DHA (à retrouver dans

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) apportera les acides gras anti-inflammatoires suffisants.

  • Les aliments riches en fibres

Les aliments riches en fibres pourraient diminuer la concentration d’œstrogènes en favorisant leur métabolisation/élimination : les légumineuses, les féculents complets, les fruits et légumes et les graines oléagineuses.

  • Les épices

Beaucoup d’épices ou d’herbes aromatiques contiennent des substances avec des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. C’est le cas du curcuma, de la noix de muscade ou du clou de girofle mais aussi d’herbes aromatiques comme le persil, la coriandre, le basilic, le thym, ou le romarin.

Les aliments à éviter

Pour atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’endométriose, il est important d’adapter son alimentation. Parmi les aliments à éviter, il y a les aliments pro-inflammatoires. Parmi ces aliments, on retrouve les viandes rouges, les produits laitiers, les sucres et céréales raffinées, l’alcool et les aliments ultra-transformés.

  • Les viandes rouges

Les femmes déclarant une plus grande consommation de viandes rouges ou de charcuterie présentaient un plus grand risque d’endométriose. Le risque d’endométriose est nettement plus élevé surtout chez les femmes ayant une consommation de viande de bœuf et d’autres viandes rouges par rapport aux femmes en consommant le moins. Les aliments riches en acides gras oméga 6, comme la viande rouge, sont corrélés à des concentrations plus élevées de stéroïdes avec un niveau plus élevé d’inflammation et au développement de l’endométriose.

  • Les produits laitiers

Les produits laitiers d’origine animale sont généralement déconseillés en cas d’endométriose. Ils contiennent de l’acide arachidonique et de l’acide palmitique, deux acides gras qui sont soupçonnés de stimuler les réactions inflammatoires et d’avoir un impact sur le système hormonal. De plus, ces produits peuvent contenir des perturbateurs endocriniens, comme la dioxine, ainsi qu’une faible quantité d’œstrogènes, susceptibles de déclencher les symptômes de l’endométriose.

Par ailleurs, le lait est composé de deux protéines, la caséine et le lactose. La caséine est souvent mal tolérée par le système immunitaire, ce qui peut déclencher une réaction inflammatoire et aggraver les douleurs associées à l’endométriose. Chez les personnes intolérantes au lactose, la présence de lactose dans les produits laitiers peut entraîner des troubles digestifs supplémentaires.

Ainsi, il est souvent recommandé aux personnes atteintes d’endométriose d’éviter ou de limiter leur consommation de produits laitiers (3). Cependant, les études montrent des résultats contradictoires sur l’augmentation ou non du risque d’endométriose avec la consommation de produits laitiers d’origine animale (4).

  • Les aliments ultra-transformés

Ces produits sont à éviter dans le cadre d’une alimentation limitant les symptômes de l’endométriose. En effet, d’après une étude américaine, la consommation de produits contenant des graisses alimentaires n’affecte pas directement le risque d’endométriose, mais une consommation d’acides gras trans l’augmenterait (5).

  • L’alcool

Il est fortement recommandé d’éviter voire d’éliminer totalement la consommation d’alcool en cas d’endométriose. L’alcool a la capacité de perturber les niveaux hormonaux, notamment en augmentant la production d’œstrogènes. Or, les lésions d’endométriose sont particulièrement sensibles aux œstrogènes.

  • Les additifs alimentaires

Les additifs alimentaires tels que les conservateurs, les colorants, les exhausteurs de goût et les édulcorants artificiels sont également susceptibles de favoriser l’inflammation. Ils sont fréquemment utilisés dans les aliments transformés et industriels ( la fameuse liste des “E” notamment).

  • Les huiles végétales

Certaines huiles végétales, surtout celles contenant une quantité élevée d’acides gras oméga 6, peuvent favoriser l’inflammation. Parmi celles-ci, on trouve les huiles de tournesol, de maïs, de soja et de pépins de raisin. Il est donc recommandé d’éviter ces huiles et de privilégier celles riches en acides gras oméga 3, telles que l’huile de lin, l’huile de noix ou l’huile de colza. Mais ces huiles végétales ne peuvent pas être assez titrées en EPA DHA, dans ce cas il faudra se tourner vers l’huile d’algues titrée (à retrouver dans

Essentiels Peau & Cheveux

) ou les poissons gras.

Les compléments alimentaires

Si une alimentation équilibrée avec des produits variés et de bonne qualité permet de réduire certains symptômes de l’endométriose, une supplémentation permet aussi de renforcer l’action de l’alimentation. Les compléments alimentaires fréquemment recommandés sont :

  • Acides gras oméga 3 : Ils possèdent des propriétés anti-inflammatoires et sont présents dans les huiles de poisson et les algues.
  • Vitamine D : Essentielle à la régulation du système immunitaire, elle peut être produite par la peau lors de l’exposition au soleil ou administrée sous forme de supplément.
  • Probiotiques : Ils contribuent au maintien d’un équilibre sain de la flore intestinale, ce qui peut influencer l’inflammation.

Il est important de consulter un professionnel de santé avant de prendre des compléments alimentaires, afin de déterminer lesquels sont adaptés à votre situation et d’éviter d’éventuelles interactions médicamenteuses.

L’alimentation joue un rôle majeur dans le maintien d’un bon état de santé, et dans la réduction des symptômes de l’endométriose. Adopter un régime alimentaire spécifique contre l’endométriose est indispensable pour réduire l’œstrogène en excès, et avoir un bon apport en nutriments essentiels. Au quotidien, les aliments anti-inflammatoires permettent de combattre l’inflammation responsable des symptômes de l’endométriose. En complément d’une bonne alimentation contre l’endométriose, les compléments alimentaires permettent de renforcer l’action des nutriments présents dans l’alimentation.

Sources

Etudes citées :

  1. Helbig M, Vesper AS, Beyer I, Fehm T. Does Nutrition Affect Endometriosis? Geburtshilfe Frauenheilkd. 2021;81(2):191-9.doi:10.1055/a-1207-0557
  2. Nurses’ Health Study II
  3. Huntington A, Gilmour JA. A life shaped by pain: women and endometriosis. J Clin Nurs. 2005;14(9):1124-32. doi:10.1111/j.1365-2702.2005.01231.x
  4. Norman M, Razmpour O, Olsen JM. Women’s Use of Self-Care Interventions for Endometriosis Pain in the United States. Nurs Womens Health. 2021;25(5):346-56. doi: https://doi.org/10.1016/j.nwh.2021.07.008
  5. Missmer SA et al: A prospective study of dietary fat consumption and endometriosis risk. Hum Reprod, 2010

Sources :

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